Dépistage des maladies génétiques chez le chien

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Les éleveurs et les amateurs de chiens de race sont de plus en plus confrontés au problème des maladies génétiques. Par conséquent, ils se posent de nombreuses questions : Qu’est-ce qu’une maladie génétique? Quelle est la cause de ces anomalies ? Pourquoi sont-elles si fréquentes chez le chien de race ? De quels outils disposent les éleveurs pour dépister ces maladies ? Comment limiter la propagation des tares génétiques à l’intérieur d’un élevage ? Les chiots provenant d’un élevage dont les reproducteurs on été testés sont-ils assurément en bonne santé?

Une maladie génétique, c’est quoi ?

Une maladie génétique est dûe au dysfonctionnement d’un ou plusieurs gènes. Cette anomalie génétique est transmissible des parents à la descendance : on parle de maladie héréditaire. À ce jour, environ 500 maladies génétiques ont été recensées chez le chien. En plus d’être spontanées et spécifiques à chaque race, elles sont également très fréquentes au sein des diverses races canines. Ces maladies sont plus ou moins handicapantes et se déclarent souvent après plusieurs années.

La plupart des tares génétiques sont «monogéniques». La maladie est dite monogénique lorsqu’elle est dûe au dysfonctionnement d’un seul gène. C’est le cas des atrophies de la rétine, de nombreuses maladies métaboliques (hémophilie…), de maladies rénales (cystinurie…), etc.

Par contre, certaines maladies héréditaires comme la surdité, les cardiomyopathies et les maladies ostéo-articulaires (dysplasie des coudes et des hanches) sont plus complexes et «polygéniques» (impliquant plusieurs gènes).

La plupart des maladies monogéniques sont récessives. Chaque gène étant présent en double exemplaire, une maladie récessive se déclare uniquement si les deux copies du gène impliqué sont défectueuses. Lorsque les deux copies du gène sont normales, le chien est sain. Lorsque le chien présente une copie normale et une copie défectueuse du gène, il est porteur sain. Le chien porteur sain ne développe pas la maladie, mais peut potentiellement transmettre l’anomalie génétique à sa descendance.

Pourquoi les tares génétiques sont-elles si fréquentes chez le chien de race?

Trois mécanismes expliquent l’émergence et le développement d’une maladie génétique : l’effet fondateur, la sur-utilisation des reproducteurs et la consanguinité.

L’effet fondateur intervient lors de la création d’une race : quelques reproducteurs (parfois moins d’une dizaine) sont sélectionnés sur des critères morphologiques et comportementaux au sein d’une large population canine. Une anomalie génétique présente en très faible fréquence (<0,1%) dans la population d’origine peut exister chez l’un des chiens retenu pour former la race. L’anomalie involontairement sélectionnée devient alors fréquente dans le lot de reproducteurs (la fréquence peut subitement être de 5% si un animal porteur est présent au sein d’un noyau de 10 chiens fondateurs).

Le fort succès reproducteur (nombreuses saillies) de certains mâles porteurs d’une anomalie génétique conduit à la propagation de la maladie dans les élevages et le cheptel de la race. Les croisements entre chien apparentés génèrent de la consanguinité, des appariements entre reproducteurs porteurs et la production de chiens atteints dans la descendance. Le double jeu de la sur-utilisation des étalons et de la consanguinité intensive a pour conséquence d’amplifier la fréquence de l’anomalie génétique dans la race qui atteint actuellement 20 à 50% de porteurs pour certaines maladies. À titre de comparaison, la fréquence des maladies génétiques humaines ne dépassent jamais 0,1%.

L’effet fondateur lors de la création de la race, la reproduction et la sélection en circuit fermé au sein de la race expliquent que la plupart des maladies génétiques sont spécifiques à chaque race. La fréquence de développement de ces maladies varie en fonction des races mais toutes les races canines sont concernées par ce problème.  C’est ainsi que, par exemple, les chiens blancs sont prédisposés à la surdité, les grandes races à la dysplasie de la hanche et les races miniatures aux luxations des rotules.

Au rang des affections pour lesquelles le Terre-Neuve est prédisposé, on retrouve: la dysplasie des hanches et des coudes, les problèmes cardiaques et la cystinurie. Il est important de vous informer avant l’achat et de vous assurer que le chiot que vous allez acquérir est issu du «mariage» de deux reproducteurs sains et dépistés.

Il convient cependant de distinguer les maladies héréditaires, qui peuvent se déclarer plus ou moins précocement dans la vie du chien, des maladies congénitales, présentent à la naissance mais pas forcément d’origine génétique (virus, médicaments, «erreur de la nature» durant la gestation, etc).

Comment dépister une maladie génétique ?

Des solutions traditionnelles existent depuis des années pour dépister les maladies génétiques du chien, il s’agit le plus souvent d’examens cliniques pratiqués par un vétérinaire spécialisé : examen oculaire, radiographie de la hanche pour la dysplasie coxo-fémorale, potentiel évoqué auditif (PEA) pour les surdités et échographie du cœur pour le dépistage des maladies cardiaques.

Ces examens cliniques présentent certains inconvénients pour le dépistage puisqu’ils identifient uniquement les chiens atteints (souvent tardivement) et non les chiens porteurs. De plus, ils ne sont pas forcément valables pour toute la vie du chien (le chien peut ne présenter aucun symptôme au moment de l’examen mais développer la maladie quelques années plus tard).  C’est le cas, par exemple, des maladies oculaires et thyroïdiennes.

Le test ADN présente de nombreux avantages pour le dépistage, la sélection et même le diagnostic de maladies génétiques : il est fiable, il permet de dépister les chiens porteurs comme les chiens malades, il peut être effectué très tôt dans la vie du chien (dès la naissance) et il est valable toute la vie du chien.

Comment gérer les maladies génétiques en élevage ?

Le test ADN représente un critère de sélection au même titre que les caractéristiques morphologiques et comportementales des chiens. L’éleveur est alors en mesure de pratiquer la meilleure sélection possible en tenant compte de la beauté, du caractère et de la santé future du chien et de ses descendants.

Pour éviter de produire une descendance avec des chiots potentiellement atteints, et afin de limiter l’incidence de la pathologie héréditaire dans la race, quelques conseils simples s’imposent :

  • Ne pas reproduire les chiens atteints.
  • Si un chien porteur est conservé pour la reproduction, le reproduire uniquement avec un chien sain.

L’inclusion éventuelle dans la reproduction d’animaux porteurs permet de ne pas dégrader la diversité génétique globale de la race en gardant un nombre suffisant de reproducteurs (c’est particulièrement vrai pour les races à petits effectifs). Exceptionnellement, un animal porteur peut ainsi être conservé pour la reproduction.

Dans tous les cas, l’élimination de l’anomalie génétique doit toujours se faire progressivement sans augmenter la consanguinité et sans exclure de la reproduction des lignées entières de reproducteurs, au risque sinon de mettre en danger la diversité génétique de la race et de voir émerger d’autres maladies génétiques.

Il faut comprendre qu’il est  impossible d’éliminer totalement les maladies héréditaires du patrimoine génétique des chiens.  Les éleveurs peuvent simplement faire de leur mieux pour limiter les risques dans leurs lignées grâce aux divers tests de dépistage qui sont à leur disposition.

 

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